FOX2
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PALAIS de JUSTICE de Foix
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Contexte urbain
Le nouveau Palais de Justice de Foix va s’édifier à 3 kilomètres du centre ville.
La parcelle retenue n’a pour voisins directs que quelques pavillons individuels.
Elle est adossée à un coteau boisé et fait face au versant sauvage de la vallée de l’Ariège.
La nature est omniprésente.
La ville paraît loin. Pourtant la cité est bien là, toute proche. On peut distinguer facilement son tumulte filtrer à travers les arbres.
La sociabilité, la citoyenneté, l’urbanité sont à deux pas.
En attendant que la ville s’étende et s’édifie progressivement autour de lui, le nouveau Palais de Justice de Foix imprimera sa charge emblématique et solennelle dans la quiétude de la nature.
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Un classicisme émanant
Le palais se présente comme un édifice vaste et compact. Inscrit dans un parallélépipède régulier, le volume bâti se lit comme un monolithe partiellement enchâssé dans le terrain.
Un péristyle(1) protocolaire de poteaux ceinture l’ensemble suivant une réinterprétation libre de l’ordre néoclassique grec intimement lié la symbolique de l’architecture régalienne en général et judiciaire en particulier. Cependant ce péristyle est plus dense. Les colonnes de pierre ont fait place à des voiles de béton clair disposés aléatoirement comme les troncs d’une futaie. Par moment, certains voiles ont basculés, comme pour mieux stabiliser l’ensemble ou, au contraire, dérégler l’aplomb dans un élan de romantisme naturaliste.
Derrière ce péristyle, l’édifice s’écrit en volumes simples et épurés. Les matériaux s’expriment sans fard ni revêtement de protection. Les espaces sont neutres et contemplatifs. Là, le bâtiment fait appel à la solennité d’un classicisme plus récent, celui de l’architecture moderne du milieu du XXème. Une architecture qui cherchait l’ultime noblesse dans le minimalisme et l’abandon de tout élément pittoresque.
L’ensemble se fonde sur un socle monumental contre lequel s’appuie un double emmarchement. Cet escalier saillant invite le public à s’élever du parvis vers un propylée(2) transparent dévoilant intégralement la salle des pas perdus.
Ce palais, à la fois lumineux et minéral, transparent et monolithique, élancé et posé, magistral et romantique, illustre bien l’idée qu’on se fait » d’un lieu d’expression du pouvoir de l’état de droit, des valeurs démocratiques d’une justice publique. Une justice au service du peuple français, rendue en son nom sous le regard de tous et en toute indépendance. Un palais de justice à échelle humaine porteur de principe de stabilité et investie d’une mission sociale aussi essentielle qu’universelle, celle de pacifier les conflits et de tempérer les excès ».
L’apparence du palais est dense et minéral. L’idéal serait qu’il apparaisse comme un édifice sculpté dans la masse, comme un bloc mis en relief par soustraction de matière. Un édifice inaltérable bâti par la République pour y loger les plus chères de ses valeurs.
La salle des pas perdus est vaste, fluide et accueille les citoyens avec générosité et dignité. Elle est baignée de lumière naturelle et offre une vue panoramique sur le versant montagneux de la vallée. Dans ce lieu, l’intérieur se confond avec l’extérieur ou plutôt, l’extérieur se prolonge à l’intérieur. Le site et la nature y sont invités et seule une fine verrière opère une limite qui n’est quasiment que climatique. Les flancs de cet espace sont aménagés d’alcôves d’attente et de petites salles encore plus intimistes destinées aux entretiens entre les justiciables et leurs avocats.
Au centre, un patio arboré offre, à la manière de James Turell, un tableau horizontal vivant sur le ciel. Ce lieu, à la fois central et retranché, autorise une pause contemplative extérieure sans avoir à repasser les contrôles de sécurité.
L’acoustique de la salle des pas perdus sera particulièrement travaillée pour amplifier la solennité à l’aide d’un effet d’écho feutré. Les matériaux seront bruts et sobres. Les tons seront homogènes, lumineux, mats pour les parois verticales et satinés pour le sol.
La salle des pas perdus marque clairement une dualité entre deux grands groupes fonctionnels.
Les activités tertiaires sont regroupées au sud tandis que les archives et les salles d’audiences sont situées au nord de l’espace fédérateur.
Ainsi, d’une part et malgré l’échelle du bâtiment, les circulations et les flux ont été optimisés en cherchant à réduire les distances et à établir des relations optimales entre les services. D’autre part, l’identité et le marquage des espaces sont clairs. La gestion et la distinction des flux des différentes catégories de personnes (public, détenus, utilisateurs, professionnels) désigné comme un enjeu majeur de réussite globale du fonctionnement du Palais ont été particulièrement travaillés.
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Les salles d’audience
Les salles d’audience sont disposées au sud de la salle des pas perdus. Des portes élancées en bois marquent clairement leurs entrées. Les salles sont de géométries simples et, à l’image du projet, cultivent l’effet de péristyle par une mise en relief du traitement acoustique. La cour surplombera légèrement la barre et l’assistance sans pour autant user d’un autoritarisme ostentatoire. Les meubles seront menuisés dans des bois sobre. Les parois seront claires et mates dans la continuité de la salle des pas perdus. Évidemment, l’acoustique sera particulièrement travaillée pour rendre les échanges verbaux fluides et limpides. La hauteur sous plafond sera généreuse pour donner de l’ampleur au lieu mais aussi aux discours. La lumière sera naturelle et descendra d’un patio suspendu et planté. Des stores mécanisés permettront de régler sont intensité. Pour les audiences nocturnes, la lumière sera tamisée mais plus intense sur les tables et les pupitres pour permettre une parfaite lecture. Un léger effet de contre jour sur la cour ajoutera un soupçon de magistralité.
(1) le péristyle (ou plus précisément le péristasis), désigne une colonnade périphérique extérieure
(2) le propylée désigne une porte monumentale.
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Architecture intérieure
De manière générale, les espaces intérieurs et en particulier les espaces de travail au quotidien sont fluides et largement ouverts sur des vues extérieures dégagées. Les circulations sont ponctuées de passerelles vitrées sur les jardins. Leurs ambiances seront une déclinaison des thèmes développés dans la salle des pas perdus et les salles d’audience avec un renfort de bois.
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Préserver l’avenir
Ces espaces de travail ont été conçus pour assurer un maximum de flexibilité et d’évolutivité. La trame de façade et la profondeur des plateaux sont adaptés au module de 6 m2 permettant de recomposer les locaux en format 12, 18 ou 24 m2 sans contrainte majeure. Quant aux façades est, elles ont été conçues en attente d’une extension.
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Paysage
Pour accentuer l’approche naturaliste et romantique de cette architecture qui porte les peintures d’Hubert Robert comme référent secret, le paysage sera préservé dans son état naturel et même renforcé dans sa biodiversité par des bosquets et des arbres issus de la forêt primaire (voir chapitre « démarche environnementale »).
La toiture est un élément de paysage à part entière. Elle est entièrement plantée d’une prairie et libérée de tout édicule et autre réseau technique. Elle est, en quelque sorte, une restitution du morceau de territoire que le bâtiment a empr(ei)nté à la nature. Accessoirement, ce jardin pourrait « cultiver » des parterres de cellules photovoltaïques (voir chapitre « démarche environnementale »).
Seul son parvis, de taille assez limité, est entièrement minéral. Il alterne des bandes en béton érodé pour l’axe de l’entrée et en enrobé hydro décapé pour les bandes de roulement. Dans l’idéal, ce système se prolongera sur la voie publique. Une grille en serrurerie clôturera la parcelle vis-à-vis de la rue et un portail pivotant clôturera – en position ouverte – le parvis et l’escalier vis à vis du jardin.
Les voiries de dessertes internes seront, autant que possible, semi-végétalisées.
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Démarche environnementale
La démarche environnementale du projet, réside essentiellement sur les notions de modération et de frugalité.
“Consommer moins et mieux” est une formule qui fait office d’adage et s’applique de manière simultanée sur quatre domaines de consommation.
La consommation de matières
Elle consiste à compacter les bâtiments pour limiter les surfaces d’enveloppe, à optimiser leurs structures, à concevoir des locaux faciles à reconvertir et à choisir des matériaux inaltérables, réutilisables ou du moins facile à recycler.
Le béton est largement représenté. Il constitue les voiles et les dalles structurels comme le revêtement extérieur de parement des façades. Il s’agira, vraisemblablement, d’un double voile béton de site coulé en place. Inaltérable et sans entretien, le béton de site se révèle être un matériaux très compétitif en terme de bilan carbone. Le bois ne sera pas en reste et constituera l’essentiel du second œuvre. Ainsi, l’ossature facilement démontable du cloisonnement intérieur des plateaux de bureaux, voire même leur parement, seront en bois.
La consommation d’énergie primaire
Elle consiste à optimiser l’isolation et l’inertie thermique des bâtiments, à jouer sur les facteurs bioclimatiques et à utiliser des systèmes de production ou de transformation d’énergie simples, performants et fiables.
Le projet développe des principes simples et de bon sens pour réduire sensiblement sa consommation d’énergie primaire et améliorer son confort d’été.
Le premier est celui de la ventilation à double flux. Il s’agit de récupérer l’énergie de l’air évacuée avant rejet. Aujourd’hui, certaines machines, notamment scandinaves, récupèrent plus de 80% de cette énergie.
Le deuxième est la géothermie. Là, il s’agit de plonger des sondes dans la terre pour puiser son énergie ou, plutôt, son inertie thermique. Ces sondes sont couplées à des pompes à chaleur réversibles qui divisent par 4 la quantité d’énergie primaire nécessaire à chauffer ou à rafraîchir le bâtiment.
Le troisième, moins quantifiable mais tout aussi efficace, est celui de la captation des masses d’air rafraîchies par les sous-bois du coteau. Celui-ci dévale la pente naturellement pour remplacer les masses d’air chauffées par la vallée. Le projet, décollé du sol, capte cet air et continu à évacuer ses calories en le canalisant dans la fraîcheur d’un labyrinthe thermique situé dans les vide sanitaire du sous bassement. Ces frigories sont ensuite transmisses à l’air neuf du bâtiment par l’intermédiaire d’un échangeur thermique air/air (pour éviter tout risque lié à la présence de radon) et assureront le confort d’été. En période estivale de surchauffe, le système sera mis en mode « surventilation nocturne » et jouera sur l’inertie thermique du bâtiment pour éviter la climatisation.
La quatrième et dernier, concerne la salle des pas perdu qui est en partie conçue comme une serre. L’été, les verrières sont largement ouvertes par un système d’ouvrants simples pour éviter toute surchauffe.

Combinés à une isolation performante, ces quatre principes rendrons ce bâtiment quasi naturellement tempéré, été comme hiver. L’apport en énergie primaire nécessaire au confort des utilisateurs sera minime.
La toiture est conçue pour intégrer jusqu’à 1 500 m2 de cellules photovoltaïques en partie ouest (non masqué par l’ombre du coteau boisé). Ainsi, le bâtiment se donne dès à présent le potentiel d’atteindre les objectifs du Grenelle de l’Environnement en produisant autant d’électricité qu’il en consomme.
La consommation de moyens
Il s’agit de choisir des systèmes de mise en œuvre, des matériaux et des équipements en fonction de leur bilan “énergie grise” en prenant en compte 50 ans d’exploitation et de maintenance (voir chapitre Exploitation et Maintenance).
La consommation d’espace et de biotope
Il s’agit cette fois de limiter l’impact direct du bâtiment sur l’environnement en recouvrant un minimum de territoire et a fortiori si celui-ci est encore naturel. Après avoir compacté le bâtiment, le projet limite les surfaces artificialisées en glissant le parking « personnel » sous le bâtiment et en utilisant des voiries semi-végétalisées perméables.
L’écosystème local sera respecté. Une prairie naturelle sera entretenue par fauchage intermittent pour assurer la continuité de la biodiversité locale. Des arbres de hautes tiges constituant la forêt primaire seront plantés ça et là. Des bosquets structurants assureront le développement d’un petit avifaune.
Comme pour l’énergie primaire, l’architecture peut compenser sa consommation d’espace naturel par la création de biotope. Ainsi, la toiture terrasse, si elle n’accueille pas de panneaux photovoltaïques, sera intégralement plantée d’une prairie.
- Type: Tertiaire - Institutionnel
- État: concours
- Année: 2011
- Ville: Foix
- Client: Etat, Ministère de ja Justice
- Superficie: 6 105 m2 shon
- Budget: 9 400 000 €uros (H.T. travaux)
- Équipe: k-architectures (Karine Herman et Jérôme Sigwalt architectes associés, Emilie Bourdier, architecte chef de projet, Aline Royer. Sébastien Fiore, Charlotte Brussieux, architectes assistants). Acoustique / ALTIA. Etudes techniques: Génie Civil/ Batiserf, Equipements Techniques / BETHAC, Economie / Bougon, Génie Environnemental / Trans-Faire environnement
- Prestation: Mission base complète MOP + EXE partiel+ paysage
















