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DUN

MUSÉE et CENTRE de CONFÉRENCE INTERNATIONAL

 
Apercevoir une pyramide au détour d’une dune procure une étrange sensation. Apercevoir un dinosaure paissant au milieu d’un pré doit faire le même effet. Ce sont deux créatures originaires du fond des âges, dont les mythes ont dépassé la réalité. La pyramide apparaît pourtant, là, si vivante et intense, incarnant les millénaires passés.
 
Les trois pyramides de Gizeh sont situées dans le désert aux confins de la vallée du Nil. A la première émotion s’ajoute la magie d’un contexte si tellurique.

 
Le futur Great Egyptian Museum sera fondé dans le même environnement, à quelques deux kilomètres plus au nord. A cet endroit, le Nil a érodé plus brutalement encore le plateau désertique, si bien qu’il apparaît comme un front sableux de 35 à 40m de haut. Cette épaisseur, à la fois littérale et symbolique, nous donne une lecture du temps qui confère au site son caractère sacré. Elle nous laisse à imaginer tous les objets inestimables qui y ont été enfouis puis exhumés pour être exhibés dans les musées internationaux, et à imaginer ainsi le Monde d’élégance et de savoir, de raffinement et de puissance que fut l’Egypte antique.
 
De ce Monde, le désert en est la crypte infinie et les pyramides ses stèles monumentales. Mais ces stèles – la face visible et immergée – ne pouvaient à elles seules raconter la civilisation antique égyptienne. Ce furent les fouilles souterraines, les découvertes des entrailles des tombeaux, la lente descente au cœur de la terre égyptienne qui révélèrent la grandeur de ce monde.
C’est dans cette opposition entre la pyramide, devenue pratiquement la forme abstraite d’une civilisation, et la richesse souterraine indéfiniment redécouverte que se situe tout le mythe de l’Egypte des Pharaons. A l’évidence de la monumentalité fait face une immensité enfouie dont la charge scientifique et fantasmagorique alimente toujours les curiosités passionnées.
 
Penser le Great Egyptian Museum, c’est magnifier la force de cette opposition. C’est provoquer en chaque visiteur l’émotion combinée de l’approche d’une pyramide et de la découverte d’une cité sacrée enfouie.
Penser le Great Egyptian Museum, c’est aussi réinventer une architecture intemporelle capable de faire le lien entre plusieurs millénaires. C’est atteindre, au bord du plateau désertique de Giza, le degré de contextualité quasi parfait des pyramides.
Penser le Great Egyptian Museum, c’est bâtir dans l’épaisseur du désert un édifice à l’échelle de ses ambitions sans pour autant rivaliser avec les pyramides. C’est jouer sur l’ambivalence de l’imaginaire universel qui tient autant des vérités archéologiques qu’entre autres, des fictions hollywoodiennes.
Enfin, penser le Great Egyptian Museum, c’est s’imposer la prétention de concevoir une œuvre majeure.
 
La crypte et la stèle sont les deux thèmes auxquels «Dune Museum» se réfère et réinterprète à grande échelle.
 
La crypte devient d’une manière plus vaste «l’enfoui» et concerne toute la collection et son exposition.
L’enfoui invoque à la fois le passé, le monde des morts, si important dans l’Egypte ancienne, et la découverte, les fouilles archéologiques.
L’enfoui signifie surtout la volonté impérieuse d’inhumer à nouveau des œuvres, ou des simples objets, qui n’auraient jamais dû quitter leur pénombre. L’enfoui permet de retrouver l’acte religieux de la déférence.
Il se déploie dans l’imaginaire des tombes royales, des temples hypogées, des cultes chtoniens et prend la forme d’un réseau proliférant de salles souterraines orientées sur l’axe sacré nord-sud. La topologie des lieux y est archaïque et rugueuse. Aucune logique précise, aucune hiérarchie, n’apparaît au visiteur lorsqu’il parcours l’espace. La pénombre habite une grande partie des lieux, en particulier la grande «tranchée d’exploration» centrale trop vaste pour réagir aux quelques flambeaux qu’on y a allumé. Quant aux salles franchement éclairées, la lumière y est crayeuse, comme poussiéreuse. Un système invisible de stratifications de fins textiles y simule une atmosphère épaisse.
 
La stèle se libère de sa charge mystique et devient «dalle». Ouvrage d’art habité, d’une emprise de 418m par 418m, la dalle rassemble tout le reste des éléments de programme, dits «vivants». Orientée vers la ville et le Nil, elle est le lieu de vie et des activités contemporaines. La dalle entretient également avec le présent le mythe de la protection. Métaphore de la couverture-abri pour fouilles archéologiques, elle devient la stèle qui protège symboliquement les «pièces» inhumées, et qui, matériellement, génère une ombre de plusieurs hectares. Posée horizontalement sur le plateau rocheux, elle se recouvre au Sud des sables portés par les vents du désert, alors qu’au Nord elle s’échappe dans le vide dégagée par l’érosion naturelle. La dalle est un ouvrage techniquement ambitieux qui cherche à exprimer et accentuer, à travers la désinvolture de sa structure, son apparence mégalithique. Son ossature se déploie dans les 6,40m d’épaisseur et se fait paysage structurel habité. Elle est sertie de «concentrés d’environnement» qui sont des patios tempérés, végétalisés à l’excès, sur lesquels s’ouvrent et s’éclairent les éléments de programme.
L’enfoui et la dalle se creusent et se posent sans dénaturer la topographie originelle du site. Dans cette même logique s’inscrivent les accès au musée. Les stationnements sont enfouis, et les circulations creusées dans le relief à la manière de la tranchée «double négative» de Heizer. Seule la bande du site la plus basse, qui appartient à la vallée fertile du Nil, est plantée d’essence locales et courantes. La perception de la dune, où s’inscrit le projet, demeure ainsi intacte et conserve sa valeur sacrée.

 
Si le Dune Museum peut révéler et célébrer la contemplation du paysage et des mystères que celui-ci renferme, c’est qu’il est lui-même une émanation de ce territoire immuable et de la mémoire qu’il conserve.
 

projet similaires:

 
CIG

 
CLY

 
ARK

  • Type: culturel_ musées
  • État: concours
  • Année: 2003
  • Ville: le Caire
  • Client: Etat Egyptien
  • Superficie: 95 000 m2 shon
  • Budget: 400 000 000 €
  • Équipe: k-architectures (Karine Herman et Jérôme Sigwalt architectes associés), William Hayet, architecte co-auteur / Henry Bardsley et Raphaël Ménard, Ingénieurs structure (RFR) / Arnaud Pierard, architecte muséographe / Louis Choulet, Ingénieur fluides / Jean-Claude Hardy, Paysagiste / Guy Rezeaux, Economiste (LANGTON Paris)
  • Prestation: Mission base complète MOP + EXE partiel, paysage et signalétique