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LYB

Lycée et Internat

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NOTICE ARCHITECTURALE et URBAINE

Il faut traverser le hameau de Bayssan pour se rendre sur le site du futur Lycée Marc Bloch. Le bâtiment le plus imposant de ce petit village vernaculaire et préservé est sa chapelle.  L’ensemble est posé dans son contexte avec une délicatesse et une évidence qui force l’admiration. Juste après la chapelle, un chemin campagnard bordé d’arbres fruitiers mène aux champs avant de s’évanouir très vite dans la garrigue toute proche. L’un de ces champs, où ondulent les blés en été, accueillera prochainement un bâtiment de 19 000 m2…

C’est à peu près la taille du Palais des Papes d’Avignon.

Imaginez le Palais des Papes d’Avignon posé sur ce champ…

Et bien c’est exactement ce que nous avons commencé par imaginer.

Très vite les châteaux Cathares, le Palais des Rois de Majorque, le Duché D’Uzès et, bien sûr, l’évêché et la cathédrale de Béziers ont défilé.

Tous collaient parfaitement avec l’esprit du lieu. Ils étaient tous capables de s’intégrer comme de facto dans la topologie du genius locci.

Le processus de création et de conception avait trouvé son essence, le  Lycée Marc Bloch serait imaginé comme un château intemporel fondé dans le terroir Biterrois et l’histoire lointaine de l’architecture.

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Du terroir Biterrois, le lycée en retient l’architecture épaisse et peu ouverte à l’aspect austère, grégaire et si naturellement contextuel. Il en retient également la garrigue et la ruralité dont il tentera de préserver l’âme et l’écosystème.

Ainsi le lycée est compact et dense par économie de territoire d’une part mais surtout par la volonté d’édifier un ouvrage en forme d’épure patrimoniale. Mais ces emprunts sont réduits à leurs expressions les plus essentielles en évitant toute caricature néo-régionaliste.

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De l’histoire de l’architecture, il en utilise l’essence. Sa topologie, d’abord, est très proche d’un topique classique de palais à double cour ponctué en ses angles de tours. Ses ouvertures, ensuite, sont de proportions verticales et alignées sur une trame orthogonale et régulière. Sa matière également, le béton, est massique, minérale et inaltérable comme les pierres qui composent l’essentiel des monuments qui ont traversé les siècles. Le béton comme le verre, faut-il le rappeler, fait partie de ces rares matières contemporaines et vraiment pérennes qui peuvent statuer au rang de matière noble. Enfin, le château, pardon, le lycée est ceinturé d’une douve. Cette douve est certes comblée et ne défend d’aucun ennemi mais son rôle est néanmoins protecteur. Cette douve abrite l’anneau géothermique qui protège du froid comme des grandes chaleurs.

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Pourtant, ce projet ne cherche pas à dissimuler son caractère contemporain, mais il l’utilise pour approfondir le thème général.

Le sentiment d’une filiation avec l’histoire est là, comme génétiquement inscrit, mais il demeure des singularités qui frisent l’étrangeté voir, la fantasmagorie.

Ainsi les tours du château sont comme taillées par un burin géant. Leurs faces ne sont pas toutes équarries et donne la sensation que l’édifice est sculpté dans une falaise de calcaire.

Les façades sont ornementées d’un travail artistique tout à fait contemporain, mais qui est la manipulation de fragments d’histoire de l’architecture. Aux façades structurelles du lycée, se superposent deux autres façades assemblées dans un jeu de stratification de styles et d’époque. L’effet est inédit dans la manière d’écrire une façade. Ce jeu se veut pédagogique puisqu’il est possible de retrouver l’origine des reproductions, mais aussi et surtout, il cherche à provoquer une mise en abîme temporel.

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Le résultat est un édifice monumental quasi indatable dont l’atemporalité est définitivement inscrite dans sa matière, un béton sérigraphié en relief (procédé existant et éprouvé). Ce bâtiment, enraciné dans un site maintenu à l’état quasi sauvage, pourrait avoir vingt ans comme plusieurs siècles.

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Préservation des ressources et du vivant de la planète

Le bâtiment intègre toutes les spécificités techniques et programmatiques exigées, notamment en matière de développement durable.

Le projet ne se contente pas d’ailleurs d’y répondre par des techniques avancées, il en a fait une véritable esthétique.

Quatre éléments majeurs sont directement conçus pour « mettre en scène » cette dimension engagée pour la préservation des ressources et du vivant de la planète.

Quel que soit l’angle avec lequel vous approchez le château, vous le verrez hérissé de tours hautes et puissantes. Ces tours forment le premier des quatre éléments. Elles sont armées d’un matériel très pointu, les centrales de traitement d’air et les panneaux solaires.  Ces centrales sont fondamentales pour gérer, distribuer et recycler à travers le réseau de la ventilation double flux l’énergie extraite du sol.

Pour atteindre le bâtiment, vous traverserez une sorte de douve à plat qui ceinture le Lycée. Cette douve se distingue facilement par sa végétation qui ressemble à celle qui peuple les abords des étangs.

Cette douve est le deuxième élément. Elle met en scène l’anneau géothermique. Il capte les eaux de pluie du bâtiment pour favoriser l’échange thermique entre la terre et les capteurs géothermiques. Il favorise également l’absorption de l’eau.

Passé le hall d’entrée, le monolithe révèle l’une des deux cours dont les façades sont intégralement végétalisées. L’été, un système de brumisateurs renforce le phénomène d’évapotranspiration et maintien une sensation permanente de fraîcheur. Ce dispositif bioclimatique semi-actif est le troisième élément.

La première cour est prolongée par un vaste préau qui lui-même s’ouvre sur le jardin du lycée. Ce jardin est géré de manière parfaitement écologique pour favoriser le retour de la garrigue primaire et pourquoi pas, à terme, de la forêt méditerranéenne dont la garrigue et le maquis n’en sont que des formations  dégradées. Ce projet, destiné à entretenir la biodiversité et les paysages naturels en milieu semi urbain, constitue le quatrième élément.

De manière générale, toutes les ambitions du programme en matière de hautes performances énergétiques pour faire de ce lycée, une référence nationale ont été respectées.

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Paysage

S’inspirant des « remises » boisées retrouvées au milieu des champs, volontairement préservées pour accueillir des gîtes privilégiés pour la faune, ou des puechs qui parsèment ces collines, enfrichés du fait des conditions de culture plus difficile, des bouquets boisés et arbustifs, sont disséminés sur la parcelle, de façon répétitive.

Ces « remises » sont formées avec le cortège singulier du maquis et de la garrigue qui se développe sur ces collines de manière spontanée. Constituée par une couverture basse buissonnante (arbousier, bruyère arborescente, bruyère multiflore, ciste à feuille de sauge, calycotome épineux, genévriers, filaires, prunellier, nerpruns, genêt scorpion, genêt d’Espagne  » Spartium junceum « …) et plus sporadiquement par des tiges plus hautes comme des résineuse (pin d’Alep, pin Pignon) et feuillue (chêne vert).

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Permettre une fonctionnalité écologique

La fonctionnalité écologique du projet qui favorisera le développement d’une biodiversité faunistique et floristique, est optmisée ainsi : mise en place d’une palette végétale « autochtone », création d’ « une douve » géothermique humide pouvant accueillir un large spectre d’espèces hélophytes originales (roseaux, lèche des marais, épilobe…), alternance d’espaces ouverts et de lisières buissonnantes, plantation d’une prairie composée d’une mélange graminéen et de vivaces fleuries.

Les plantations suivent un plan simple et répétitif. Par souci écologique et économique, les végétaux plantés sont des jeunes plants, issus de techniques de pépinière forestière.

La terre végétale est décapée, puis stockée et conservée en motte au démarrage du chantier. Il n’y aura aucun apport de terre végétale complémentaire. Avant le renappage, elle est amendée et engraissée si nécessaire.

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Ce parti pris trouve sa prolongation dans un type de gestion extensive à mi-chemin entre la gestion « espaces-verts » et la gestion des milieux semi-naturels.

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Favoriser une gestion extensive de l’espace paysagé

Le projet développé, s’il utilise un large spectre d’espèces, suit une composition simple et répétitive. Les espaces construits (bâtiments, stationnement, plateau d’évolution) sont concentrés et compacts, pour éviter une « consommation » de tout l’espace de la parcelle. Les espaces libres ne sont pas morcelés, et sont étendus depuis le pied du bâtiment jusqu’aux limites de la parcelle.

Cette organisation permettra de développer un mode de gestion extensive des espaces libres et plantés.

Les « remises » boisées sont gérées de manière forestière, les végétaux qui y sont mis en place, sont des jeunes plants et des baliveaux. Des éclaircies, très ponctuelles, seront nécessaires pour permettre leur bon développement, puis quelques tailles de formations des sujets arborescents.

La prairie, ensemencée à la fin des travaux, ne nécessitera que quelques fauches annuelles ‘(12 par an maximum), pour être maintenue assez rase et praticable. La gestion extensive permet le développement complet des essences à fleurs, qui ne seront fauchées qu’après leur période de floraison. Leur renouvellement se fait ainsi naturellement.

Colonisés par des espèces locales, aucun arrosage ne sera nécessaire, si  ce ne sont les arrosages de reprise, éventuellement effectués manuellement au cours des deux années suivant la plantation. La plantation effectuée aux périodes propices (octobre) est le meilleur garant d’une reprise efficace des plantations.

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Favoriser l’usage de sols naturels et perméables

Les sols minéraux qui constituent les allées, les voies de circulation, les aires de stationnement et le plateau sportif sont des sols naturels (enrobé éco-végétal, matériau de recyclage, pavage béton à joints perméables et sols sableux stabilisés). Leur qualité permet de diminuer la quantité de surface imperméabilisée sur le site, et de limiter les ouvrages de génie civil nécessaires à l’assainissement de la parcelle. Un massif drainant, de rétention et d’infiltration est installée sous l’emprise des stationnements, permettant de recueillir le trop-plein de la citerne de récolte des eaux pluviales des toitures et des cours du lycée. Aucune eau pluviale ne sera évacuée à l’extérieur de la parcelle.

  • Type: enseignement
  • État: concours
  • Année: 2008
  • Ville: Béziers
  • Client: Région Languedoc-Roussillon
  • Superficie: 18 815 m2 shon
  • Budget: 31 170 000 € (H.T. travaux)
  • Équipe: k-architectures (Karine Herman et Jérôme Sigwalt architectes associés, Charlotte Brussieux architectes chef de projet, jérôme x, Guillaume Martinez. Paysage / EXIT paysagistes. Etudes techniques: Génie Civil/ Khephren, Equipements Techniques / ALTO, Acoustique / ALTIA, Economie / Bougon, Génie Environnemental / ALTO
  • Prestation: Mission base complète MOP + EXE partiel, paysage et signalétique