JIT
“Ce projet se compose de deux boîtes en bois implantées parallèlement afin d’esquisser un propylée donnant accès au campus. Un fragment de ville qui pourrait rappeler la très étonnante résidence d’étudiants construite à Chieti par Giorgio Grassi en 1976.”
Richard Scoffier, in d’Architectures #199, p45
LE CONTEXTE
Situé sur le vaste campus universitaire d’Orsay, le bâtiment de 150 logements pour jeunes chercheurs, s’intègre dans un paysage boisé et peu urbanisé.
L’ENJEU
Le projet répond à un programme d’habitat durable et solidaire ainsi qu’à un budget restreint et réaliste fondé sur les principes de l’équilibre financier.
LE CONCEPT
Le projet joue sur une compacité optimale pour limiter la consommation de ressource et dégager une économie. Cette économie est réinvestie pour améliorer sa performance énergétique et ajouter des espaces collectifs architecturaux de qualité.
Le projet est composé de deux bâtiments quasi identiques liés au sud par des passerelles extérieures et au nord par un salon collectif panoramique.
Essentiellement bâtis de bois, y compris en second œuvre, les bâtiments sont enveloppés d’une double peau en polycarbonate transparent.
Distants de 10m, les deux bâtiments limitent leur emprise sur le territoire tout en aménageant un jardin traversant ouvert sur la rivière.
L’ensemble constitue une résidence imposante et néanmoins fluide et aérienne dont les tons blonds du bois contribuent à l’intégrer dans un paysage composé et géré comme un espace naturel.
La résidence aligne les logements le long de circulations centrales traversantes.
Deux versions du studio de 18,5m2 sont proposées.
La première version plutôt « classique » propose une entrée, une salle d’eau avec des sanitaires et une pièce à vivre intégrant la cuisinette.
La deuxième appelée « loft » propose de moduler les espaces dédiés à l’entrée et à la salle d’eau pour composer des espaces de vie variés et plus vastes.
Ce dispositif simple permet d’« agrandir » le logement mais surtout de dégager la pièce à vivre d’un de ses facteurs d’encombrement principaux, la cuisine.
Les ponts architecturaux
Au sud, les passerelles forment autant de liens sociaux que de terrasses ensoleillées. Au nord, le salon collectif panoramique offert en plus du programme, constitue la principale réponse au mot solidaire du thème de cet appel à idée.
Conçu comme un pont architectural liant les deux bâtiments et donc tous les habitants, cet espace est vaste et généreux. Il rassemble tous les lieux de vie et d’échanges improbables comme le lavomatic et les bornes d’accès à internet mais il est aussi un grand hall salon libre où l’on peut recevoir, rencontrer ou tout simplement contempler le paysage. Sur réservation, ce salon équipé d’un bar, peut être utilisé de manière plus privative par les habitants dont le nombre d’invités ne peut pas être contenu par leur 18,5 m2.
Performance énergétique et économie de ressource
Les deux bâtiments atteignent un coefficient de compacité de 0,52. Cette compacité, très performante, permet de limiter les surfaces de l’enveloppe du bâtiment et donc son coût comme les surfaces de déperditions thermiques.
Au-delà du programme, le projet vise une performance de plus de 15 kWhep sous la barre des 65 kWhep/m²/ an du label BBC Effinergie et travail à alléger de manière significative le bilan des énergies grises.
![]()
Dans cet objectif, le projet combine plusieurs systèmes simples et éprouvés.
Le premier est un système constructif à ossature mixte – dalles alvéolaires + façades porteuses bois avec isolant cellulose intégré qui, en plus d’être performant, est économique face à une solution « tout béton ».
![]()
Le deuxième est une double peau en polycarbonate transparent qui maintient le bâtiment dans un climat pré tempéré. Cette double peau génère une atmosphère tampon pré chauffée à la fois par un échangeur thermique couplé à la ventilation et par effet de serre en particulier sur les façades sud où cet espace prend l’ampleur de véritables serres bioclimatiques.
Le troisième est un système d’échangeur air/eau déroulé dans les serres bioclimatiques et qui chauffe l’eau sanitaire par l’intermédiaire de pompes à chaleur.
Ces trois systèmes contribuent à atteindre la barre très ambitieuse du PLAN CLIMAT PARIS sans aucun appareillage coûteux ni trop sophistiqué.
Avec un tout petit peu plus de technologie et d’investissement, le projet pourrait combiner un quatrième système pour pulvériser la barre des 50 kWhep/m²/an. Il s’agit d’une étanchéité de toiture intégrant des cellules photovoltaïques amorphes : un système léger, discret et relativement simple.
1-l’AIR NEUF est préchauffé par un ÉCHANGEURS thermiques AIR/AIR qui récupère l’énergie accumulée par l’AIR VICIÉ des logements. 2- L’AIR NEUF préchauffé est ensuite insufflé dans les serres pour que le soleil contribue à le chauffer davantage. 3- Les serres sont remplies d’ÉCHANGEURS thermiques AIR/EAU qui alimentent des POMPES à CHALEUR destinées à l’eau chaude sanitaire. 4- l’AIR NEUF alimente ensuite les logements après avoir circulé entre une double peau qui produit à la fois un tampon thermique et un effet de serre partiel.
La gestion de l’eau sera soignée. L’essentiel des surfaces minérales comme les allées, les voiries légères comme lourdes et les parkings sont perméables et, si les toitures ne sont pas utilisées par les générateurs photovoltaïques, elles seront végétalisées favorisant la rétention d’eau et les phénomènes d’évapotranspiration.
Enfin, un système de récupération et d’utilisation des eaux de pluies est intégré.
Karine Herman et Jérôme Sigwalt
-
-
- Type: logements sociaux
- État: concept
- Année: 2011
- Ville: Orsay
- Client: tout opérateur
- Superficie: 4 500 à 14 000 m2
- Budget: 1 100 €ht / m2
- Équipe: architectes: k-architectures (Karine Herman et Jérôme Sigwalt architectes associés, Sébastien Fiore et Julie Deglesnes architectes chefs de projet) / études techniques: Batiserf: génie civil / TRANS-FAIRE génie environnemental / Bethac équipement techniques / Fabrice Bougon économie / système constructif / PHM CONSTRUCT












